Cabinet de Curiosités

13.11.15. Paris – Aragon

J’ai écrit un long article au sujet des terribles événements du vendredi 13 novembre 2015 à Paris. Un article que je pense et écrit depuis une semaine déjà, pour finalement le délaisser, de peur d’avoir mal choisi les mots et d’être alors maladroite, trop incisive et de ne pas me faire comprendre.

Et, puis j’ai trouvé les mots de Louis Aragon,  avec son poème – Paris – écrit en 1944 qui glorifie la Capitale, ma ville de coeur. Un écrit puissant dont les mots résonnent tellement fort aujourd’hui, et qui n’a pas pris une seule ride je pense, si l’on écoute nos cœurs de parisiens, parisiennes, de français !

Aragon l’avait écrit pendant la guerre car Paris lui donnait de l’espoir – c’est une hymne à la Liberté… Il y a plusieurs niveaux de  compréhension bien sûr dans ce poème, mais la première lecture, brute, est déjà tellement intense et belle.

Je vous laisse sur ces mots d’Aragon, clichés de Doisneau et ces deux vidéos de Soloviev qui sont à voir.  Sa première vidéo, Pray for Paris, est sur l’union & le recueillement de ce sombre vendredi 13, et la seconde, Paris Poetry, qu’il a réalisé en 2014 est une ode à notre capitale, un tourbillon de gens, d’amour, et de beauté.

Ces vidéos sont du même réalisateur : Alex Soloviev, qui propose des images d’une justesse très émouvante, ça change un peu des boucles informatives du moment malgré le fait que les images traitent de la même chose, l’oeil lui est différent…

Je reprends les publication dès demain avec une belle surprise pour célébrer « justement » Paris & l’amour – comme il se doit je crois !

Je vous souhaite un Bon & Beau Dimanche ♥

– UN POÈME DE LOUIS ARAGON, 1944 – PARIS – 

Où fait-il bon même au coeur de l’orage
Où fait-il clair même au coeur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le coeur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

paris-noir-blanc-blog-minute papillons

robert-doisneau-paris-cat-blog-minute-papillons

Article précédent Article suivant

Vous aimerez aussi :

Pas de commentaire

Laisser un commentaire